La Suisse assumera la présidence de l’OSCE en 2026

En 2026, la Suisse assumera pour la troisième fois la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), après 1996 et 2014. Les États participants de l’organisation l’ont élue le 30 décembre 2024 dans le cadre d’une procédure tacite. Dès le 1er janvier 2025, la Suisse exercera un rôle dirigeant en tant que membre de la troïka, composée de la présidence actuelle, de la présidence précédente et de la présidence suivante, à savoir la Finlande (2025), Malte (2024) et la Suisse (2026). Ses présidences passées de l’OSCE ont déjà permis à la Suisse d’acquérir l’expérience nécessaire à cet effet.

Vienne : le nouveau palais de la Hofburg, avec le siège de l’OSCE et les drapeaux des 57 États participants.

Vienne : le nouveau palais de la Hofburg, avec le siège de l’OSCE et les drapeaux des 57 États participants. La Suisse assumera la présidence de l’organisation en 2026. © Keystone

Des informations plus détaillées sur la présidence suisse de l'OSCE en 2026 sont disponibles sur le site de la Représentation permanente de la Suisse à Vienne.

08.12.2025 – Programme de la présidence suisse de l’OSCE en 2026

La Suisse a défini cinq priorités pour son année de présidence: principes d’Helsinki – pour une paix durable; diplomatie multilatérale inclusive; Anticipation des technologies – pour un avenir sûr et humain; démocratie, État de droit et droits de l’homme; capacité d’action de l’OSCE. Avec ces priorités, la Suisse souligne sa volonté de mettre au service de la sécurité commune son expérience reconnue en matière de médiation, de droits de l’homme, de gouvernance des technologies et de coopération scientifique.

Quatre conférences internationales seront organisées en Suisse afin de leur donner corps.

Carte de la Suisse sur laquelle sont indiquées les conférences.
Dans le cadre de sa présidence de l'OSCE, la Suisse organisera différentes conférences internationales. © DFAE

«Lutter contre l’antisémitisme: relever les défis liés à l’intolérance et à la discrimination», Saint Gall, 9-10 février 2026

Première conférence de l’année, elle portera sur la lutte contre l’antisémitisme et les autres formes d’intolérance. Elle visera à dresser un état des lieux des tendances actuelles et à renforcer la coopération entre États participants et acteurs de la société civile. Les échanges mettront l’accent sur des mesures concrètes de prévention, sur la diffusion de bonnes pratiques, ainsi que sur le rôle du sport dans la lutte contre la haine et la discrimination.

«Anticipation des technologies – pour un avenir sûr et humain», Genève 7-8 mai 2026

Cette conférence sera dédiée à la manière dont les avancées scientifiques et technologiques transforment la sécurité et la coopération en Europe. Les débats porteront notamment sur l’anticipation des technologies émergentes – telles que l’intelligence artificielle ou le calcul quantique – et sur leur potentiel pour prévenir les conflits et bâtir la confiance. En s’appuyant sur l’écosystème unique de la Genève internationale, la Suisse entend faire de cette rencontre un moteur durable de diplomatie scientifique (science diplomacy) au service de la paix.

«De Genève à Helsinki: processus fondateur et mission principale de l’OSCE», Berne 3-4 septembre 2026

En outre, la 18e conférence internationale des éditeurs de documents diplomatiques (ICEDD) se tiendra du 3 au 4 septembre 2026 à Berne. Elle est organisée par Dodis (Documents diplomatiques suisses) avec le soutien du DFAE. Cette conférence permet, sur la base de documents d’archives de plusieurs pays, une réflexion historique sur la phase de création et la raison d’être de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, qui est à la base de la création de l’OSCE.

«Désescalade dans le cyberespace: médiation et diplomatie préventive», Zoug 29-30 septembre 2026

Cette conférence se concentrera sur les risques d’escalade dans le cyberespace et sur les moyens d’y faire face par la diplomatie préventive et la médiation. Les États participants examineront la mise en œuvre et le développement des mesures de confiance de l’OSCE en matière de cybersécurité, le rôle des mécanismes de consultation en cas d’incidents majeurs, ainsi que les contributions possibles de l’intelligence artificielle et du secteur privé. Une séquence pratique de type «exercice de scénario» complétera les sessions politiques.

La Suisse conclura l’année de présidence en organisant la réunion ministérielle annuelle de l’OSCE, qu’elle a proposé de tenir les 3 et 4 décembre 2026 à Lugano, moment politique central destiné à consolider les avancées de l’année et à donner un nouvel élan à la coopération multilatérale et au dialogue.

Une présidence tournée vers l’action et le terrain

Au-delà de ces rendez-vous, la présidence suisse sera marquée par un engagement direct auprès des États et des régions clés de l’OSCE. Le président en exercice et conseiller fédéral Ignazio Cassis effectuera plusieurs déplacements dans différentes zones importantes pour l’OSCE afin de soutenir les efforts de dialogue, de stabilité et de confiance ainsi que pour promouvoir des solutions pragmatiques face aux tensions actuelles. En outre, la Suisse œuvrera à consolider la capacité d’action et le financement de l’OSCE.

Composée de 57 États participants, l’OSCE est la principale organisation régionale de sécurité au monde. À ce titre, elle s’emploie principalement à surmonter les divergences et à renforcer la confiance. La Suisse en fait partie depuis la création, en 1973 à Helsinki, de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), rebaptisée Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 1994.

04.12.2025 – Le conseiller fédéral Ignazio Cassis participe au Conseil ministériel de l’OSCE à Vienne

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis s’est rendu à Vienne les 3 et 4 décembre 2025 pour représenter la Suisse au Conseil ministériel annuel de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). La rencontre était l’occasion de discuter des défis auxquels est confrontée l’architecture de sécurité européenne, particulièrement de la guerre contre l’Ukraine.

En tant que futur président de l'OSCE, le conseiller fédéral Cassis a souligné dans son discours devant le Conseil ministériel que la Suisse assumera la présidence de l'OSCE en 2026, guidée par une conviction simple: «Quand la diplomatie semble impossible, elle devient indispensable. À nous de montrer qu’elle est à la hauteur des attentes, en agissant avec courage et lucidité. Dans un monde instable, la clarté est une responsabilité.»

À cette occasion, le chef du DFAE a rappellé à Vienne les cinq priorités de la Présidence suisse. Face à la guerre en Europe, la Suisse s’engagera pour une paix juste en Ukraine, fondée sur le droit international et les principes d’Helsinki. Elle favorisera une diplomatie multilatérale inclusive et un dialogue sur la sécurité entre tous les acteurs. Elle encouragera une gouvernance des nouvelles technologies centrée sur l’humain, reliant science et diplomatie. Elle s’attachera à renforcer la démocratie, l’État de droit et les droits de l’homme notamment via les missions et l’observation électorale. Enfin, elle œuvrera à consolider la capacité d’action et le financement de l’OSCE.

À l’invitation de la ministre finlandaise des affaires étrangères Elina Valtonen, en sa qualité de présidente en exercice de l’OSCE, les représentants des 57 États participants et des 11 partenaires de coopération de l’OSCE se sont réunis à Vienne les 4 et 5 décembre 2025. Le Conseil ministériel, composé des ministres des affaires étrangères des États participants de l’OSCE, est l’organe central de décision et de direction de l’organisation. Le Conseil ministériel examinera et traitera la situation sécuritaire dans l’espace OSCE, notamment la guerre contre l’Ukraine et ses effets sur la sécurité européenne.

Discours du conseiller fédéral Cassis devant le Conseil ministériel de l'OSCE 2025

Communiqué de presse

18.09.2025 – Priorités de la Suisse pendant sa présidence de l'OSCE en 2026

Le 18 septembre, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, en qualité de futur président de l'OSCE, a présenté les priorités de la Suisse devant le Conseil permanent de l'OSCE. Au total, la Suisse a défini cinq priorités pour sa présidence:

  • Principes d'Helsinki - pour une paix durable
  • Diplomatie multilatérale inclusive
  • Anticipation des technologies – pour un avenir sûr et humain
  • Démocratie, État de droit et droits de l'homme
  • Capacité d'action de l'OSCE

Informations détaillées sur les priorités de la Suisse

Dans son discours, le chef du DFAE annonce également trois conférences, la première sur le thème de l'antisémitisme au début de l'année, suivie d'une deuxième sur la diplomatie prospective et enfin d'une conférence consacrée à la cybersécurité.

Dans son discours, le conseiller fédéral Cassis souligne la pertinence de l'OSCE : «Malgré ces blocages, l'OSCE reste indispensable :  parce qu’elle agit concrètement sur le terrain, parce qu’elle réunit toutes les voix autour de la même table, parce qu’elle demeure le seul forum où l’Europe, les pays d’Asie Centrale, le Canada, les États-Unis et la Russie se parlent encore de sécurité.»

Image du conseiller fédéral Ignazio Cassis lors de son discours devant le Conseil permanent de l’OSCE.
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a présenté le 18 septembre 2025 les priorités de la Suisse durant la présidence de l’OSCE en 2026. © DFAE

En assumant la présidence de l'OSCE, la Suisse assume sa responsabilité en matière de paix et de sécurité en Europe et souligne l'importance du dialogue, de l'inclusion et de la coopération dans la gestion des crises et des conflits. Cela est conforme aux objectifs de la stratégie de politique étrangère 2024-2027.

23.05.2025 – Lugano proposée comme lieu de la réunion du Conseil ministériel de l'OSCE

Lors de sa rencontre avec le Conseil d'État tessinois, le conseiller fédéral Ignazio Cassis a confirmé aux autorités cantonales l'intention du DFAE d'organiser la réunion ministérielle annuelle de l'OSCE à Lugano début décembre. Comme l'a souligné le chef du DFAE, cet événement valorise la Suisse italienne et met en avant la capacité de la Suisse à réunir pacifiquement différentes cultures et langues, ce qui est un signal important au vu de la situation géopolitique actuelle. En outre, l'expérience acquise par le canton du Tessin et la ville de Lugano lors de la Conférence sur la reconstruction de l'Ukraine 2022 pourra être mise à profit pour la planification et la mise en œuvre de la réunion.

Communiqué de presse

21.05.2025 – La Suisse définit les priorités pour la présidence de l’OSCE

Lors de sa séance du 21 mai 2025, le Conseil fédéral a fixé les priorités thématiques de la présidence suisse de l’OSCE en 2026. Les cinq priorités comprennent le respect et la promotion des principes de l’Acte final d’Helsinki pour une paix durable en Europe ainsi que le renforcement du dialogue inclusif entre les 57 États participants. Par ailleurs, la Suisse souhaite faire progresser la diplomatie scientifique prospective au service de la sécurité coopérative et entend promouvoir la démocratie, l’état de droit et les droits de l’homme. Maintenir la capacité d’action de l’organisation, qui réunit non seulement les États européens, mais aussi les États-Unis et la Russie, fait également partie des priorités suisses. Une consultation des commissions de politique extérieure du Conseil national et du Conseil des États ainsi qu’un échange avec les autres États participants de l’OSCE sont prévus.

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis présentera les priorités définitives de la future présidence au comité permanent de l’OSCE mi-septembre 2025. 

Communiqué de presse

24.01.2025 – Un expert suisse nommé représentant spécial de l’OSCE pour le Caucase du Sud

La présidente en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la Ministre finlandaise des affaires étrangères Elina Valtonen, a nommé Christoph Späti représentant spécial de la présidence finlandaise de l’OSCE pour le Caucase du Sud. L’expert suisse, auparavant responsable de programme pour le Caucase du Sud au sein de la division Paix et droits de l’homme (DPDH) du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a pris ses fonctions de représentant spécial le 21 janvier 2025.

Communiqué de presse

22.01.2025 – La Suisse a pris ses premières responsabilités au sein de la Troïka

La Suisse a participé hier à sa première réunion en tant que membre de la Troïka, aux côtés de la Finlande (présidence 2025) et de Malte (présidence 2024). Cette réunion a permis de faire le point sur les premières initiatives de la Présidence finlandaise. Le déplacement de la présidente en exercice de l’OSCE, Elina Valtonen, en Ukraine et en Moldavie en faisait notamment partie. Par ailleurs, la Troïka a évoqué la journée d’introduction de la Présidence finlandaise et la réunion annuelle prévue avec les chefs des missions de terrain de l’OSCE qui auront lieu les 23 et 24 janvier.

La direction de l’OSCE est généralement assurée par une troïka composée de la présidence actuelle, de la présidence précédente et de la présidence suivante. En 2025, la Suisse formera donc une troïka avec Malte et la Finlande. Au cours de cette année, elle sera avant tout responsable des relations avec les États méditerranéens extérieurs à l’OSCE. Par ailleurs, la troïka participe aux décisions relatives au personnel.

30.12.2024 – Le dialogue et la coopération avec tous les États participants sont essentiels

La Suisse reprend la présidence de l’OSCE à un moment où l’organisation dispose d’une marge de manœuvre limitée en raison des développements géopolitiques et de la guerre en Ukraine. En décidant d’assumer la présidence de l’OSCE, la Suisse souligne l’importance particulière que jouent le dialogue et la coopération avec tous les États participants en ces temps difficiles du point de vue politique. En amont de l’élection, plusieurs États participants l’avaient approchée pour lui demander de se porter candidate.

Ses présidences passées de l’OSCE, en 1996 et 2014, ont déjà permis à la Suisse d’acquérir l’expérience nécessaire pour assumer ce rôle particulier. La Suisse avait également été confrontée à de nombreux défis au cours des deux dernières présidences, à savoir notamment les conflits en Bosnie et en Tchétchénie ainsi que les bouleversements politiques en Ukraine après la révolution de Maïdan.

Présidence de l’OSCE en 2014: l’Ukraine au centre des préoccupations

Après Flavio Cotti, l’ancien conseiller fédéral Didier Burkhalter a été le deuxième ministre suisse à diriger l’OSCE en 2014. Dès le début, l’année de présidence suisse a été marquée par la crise ukrainienne. La Suisse a misé sur une diplomatie de rapprochement active. Grâce à la double fonction de président de l’OSCE et de président de la Confédération qu’a assumée le chef du DFAE de l’époque, la Suisse a pu nouer des contacts importants avec les plus hautes instances de tous les acteurs concernés par la crise. Le dialogue a été encouragé à la fois à Vienne, au siège de l’OSCE, et en Ukraine.

L’engagement de la présidence suisse de l’OSCE au sein du Groupe de contact trilatéral, qui réunissait des représentants de haut niveau de l’Ukraine, de la Russie et de l’OSCE en vue de trouver des solutions à la crise, a également revêtu une importance capitale. C’est dans le cadre de ce groupe qu’ont été signés les accords de Minsk, qui devaient servir de base à une désescalade dans l’est de l’Ukraine.

En avril 2014, Didier Burkhalter, alors président de la Confédération et de l’OSCE, s’entretient avec des membres de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE à Odessa, en Ukraine.
En avril 2014, Didier Burkhalter, alors président de la Confédération et de l’OSCE, s’entretient avec des membres de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE à Odessa, en Ukraine. © Keystone

Sous la présidence suisse, il avait alors été possible de parvenir, pour la première fois depuis plus d’une décennie, à un consensus sur le lancement de nouvelles missions de l’OSCE sur le terrain, à savoir une mission d’observation à deux postes-frontière russes et la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine (MSO). Cette dernière est devenue un instrument important pour promouvoir la désescalade en Ukraine.

Présidence de l’OSCE en 1996: organisation d’élections libres et équitables en Bosnie et Herzégovine

La Suisse a assuré sa première présidence de l’OSCE en 1996. En 1995, après la fin de la guerre qui avait opposé la Bosnie et Herzégovine à la Serbie, l’OSCE a été chargée de superviser la préparation et la tenue d’élections libres et équitables dans un pays déchiré par le conflit et de surveiller la situation des droits de l’homme. La mission de l’OSCE en Bosnie et Herzégovine a aidé les parties à mettre en place un cadre propice aux élections : le droit de voter à bulletin secret sans crainte d’intimidation et le droit à la liberté d’expression dans un environnement politiquement neutre.

Le ministre suisse des affaires étrangères et président de l’OSCE Flavio Cotti, en discussion avec des bérets jaunes suisses à Sarajevo en 1996.
Le ministre suisse des affaires étrangères et président de l’OSCE Flavio Cotti, en discussion avec des bérets jaunes suisses à Sarajevo en 1996. © Keystone

À l’époque, les efforts déployés par la Suisse pour fixer une date appropriée pour les élections et tâcher d’assurer leur succès relatif avaient été largement reconnus au niveau international. Un contingent de bérets jaunes suisses avait apporté un soutien logistique à l’OSCE pour l’organisation des premières élections d’après-guerre.

La mission de l’OSCE conduite en Tchétchénie en 1996 sous la direction du diplomate Tim Guldimann a également représenté un moment fort du point de vue suisse. En tant que chef de la mission, Tim Guldimann a joué un rôle déterminant dans la conclusion de l’accord de paix à l’issue de la première guerre de Tchétchénie. La mission menée à Grozny a permis d’établir des contacts entre les parties au conflit.

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